La sclérose en plaques (SEP) est l’une des maladies neurologiques invalidantes les plus courantes chez les jeunes adultes, dont les symptômes apparaissent généralement entre 20 et 40 ans. La SEP est une maladie chronique du cerveau et de la moelle épinière dans laquelle le système immunitaire attaque les fibres nerveuses et provoque des problèmes de communication entre le cerveau et le reste du corps.
Bien que la cause de la SEP soit inconnue, on pense que des facteurs héréditaires et environnementaux pourraient jouer un rôle. Plusieurs virus, dont celui d’Epstein-Barr, et certaines bactéries ont été soupçonnés d’être à l’origine de la SEP, mais aucun lien direct n’a été prouvé de manière concluante.
Environ 2,8 millions de personnes sont atteintes de SEP dans le monde, avec une prévalence variant en fonction de l’âge (plus fréquente chez les jeunes adultes), du sexe (ratio d’environ 3:1 entre les femmes et les hommes) et de la géographie (plus fréquente dans les pays à climat tempéré), ainsi que d’autres facteurs. Les symptômes de la SEP peuvent varier considérablement d’une personne à l’autre et peuvent inclure, entre autres, de la fatigue, une diminution des capacités cognitives, une mobilité réduite, des changements d’humeur, des troubles de la parole, des engourdissements, une faiblesse et des troubles de la vision. Les répercussions de la SEP sont lourdes pour les individus et pour la société : on estime que la SEP est responsable de la perte d’environ 1 151 478 années en bonne santé (années de vie ajustées sur l’incapacité) dans le monde. Environ la moitié des patients atteints de SEP reçoivent en moyenne 30 heures par semaine de soins informels (soins non rémunérés fournis par une personne de l’entourage du patient).1
Rien qu’aux États-Unis, le coût économique annuel pour la société, y compris les patients, les employeurs, le gouvernement, les assureurs et autres, est estimé à 85 milliards de dollars.2 Dans l’Union européenne, les coûts annuels moyens variaient entre 22 800 € (pour les formes légères de la maladie) et 57 500 € (pour les formes graves) en parité de pouvoir d’achat, les coûts médicaux directs représentant jusqu’à 68 % de ces coûts totaux.3
Anatomie pathologique / Physiologie
La sclérose en plaques désigne les tissus cicatriciels (également appelés scléroses ou plaques) qui résultent de l’attaque du système immunitaire d’un patient contre son système nerveux central (composé du cerveau et de la moelle épinière). La SEP peut attaquer les corps cellulaires nerveux, la myéline et les axones dans le cerveau, la moelle épinière et le nerf optique. La myéline protège et entoure les axones et joue un rôle crucial dans la transmission des informations au sein du système nerveux.
Le cortex cérébral (la couche la plus externe du cerveau) peut également être affecté, provoquant une atrophie corticale. Chez les personnes atteintes de SEP, les symptômes sont souvent déterminés par l’emplacement exact des plaques et y sont directement liés.4
La SEP est une maladie complexe, dans laquelle la combinaison de facteurs environnementaux et génétiques produit une chaîne d’événements conduisant à l’activation du système immunitaire, à la démyélinisation du système nerveux central (perte de myéline) et à des lésions nerveuses. Les symptômes qui en résultent sont très variables en termes de nature, de sévérité et de réversibilité.
Diagnostic
Le diagnostic de la SEP nécessite la mise en évidence de lésions du système nerveux central séparées dans le temps et dans l’espace. Cela signifie que les lésions doivent être apparues à des moments/dates différents et toucher différentes parties du système nerveux central.
La dissémination dans l’espace implique la présence de lésions dans différentes zones du cerveau ou de la moelle épinière d’après les symptômes et/ou les résultats de l’IRM. La dissémination dans le temps implique le développement de nouvelles lésions au fil du temps. Parmi les exemples, on peut citer la découverte de lésions aiguës et chroniques à l’IRM, la présence de bandes oligoclonales dans le liquide céphalo-rachidien (LCR) et des poussées cliniques bien définies à différents moments.
Formes de sclérose en plaques
La sévérité de la maladie associée à la SEP peut varier considérablement d’un patient à l’autre, environ 20 % des patients restant asymptomatiques ou présentant des symptômes légers après un premier épisode clinique et environ 20 % des patients connaissant une progression rapide. Les formes suivantes de SEP ont été décrites :